Le Kaveri - Haute gastronomie indienne à Paris Ouest et Haut-de-Seine

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L’Équilibre parfait
Originaire de la ville du Maharastra, qui a donné tant de chanteuses à l’Inde, Ashwini Bhide (prononcer Bhidé) intègre à l’âge de cinq ans l’une des branches de la célèbre école de musique Gandharva Mahavidyalaya, institution remarquable créée en 1901 à Lahore par un grand chanteur disparu en 1931, Vishnu Digambar Paluskar, héraut de la Gwalior Gharana fondée au XVIIe siècle. Tout au long de cet apprentissage qui s’étale sur une douzaine d’années, Ashwini est guidée par sa mère Manik Bhide, grande interprète du chant khyal, qui la suit avec une attention de tous les instants, ne laissant rien au hasard. Son père étant un scientifique, elle est curieuse des choses de la nature, et a une fascination pour le monde des molécules, leur organisation, leur transformation. Elle est émerveillée de voir comment la machine vivante fonctionne à la perfection dans ses moindres détails. Elle passe un master en microbiologie et un doctorat de biochimie, et travaille quelques années dans ce secteur qu’elle abandonne pour une carrière musicale. Pour elle, la science et les raga-s partagent entre eux l’harmonie des éléments qui les constituent. Ashwini recherche l’équilibre parfait et on le devine en l’écoutant : tous les ingrédients du chant sont magnifiés à l’extrême, aucun ne dépassant l’autre en importance. Ashwini est aussi compositrice de bandish 1 et adepte du Bara Khyal ou Grand Khyal, longue composition au tempo très lent, à partir de laquelle on élabore le raga. Cette partie introductive correspond à l’alap chanté ou joué en solo, mais le cycle rythmique sur lequel elle se déroule lui donne une grande majesté rehaussée par l’accompagnement du tabla, de l’harmonium et du sarangi.

Une chanteuse de grand calibre
On décrit Ashwini Bidhe comme une chanteuse de grand calibre, ce qui est le meilleur compliment qu’on puisse faire aux musiciens indiens qui explorent sans trêve, jusqu’à leur dernier souffle, l’océan de la musique. Le grand calibre signifie plus que le talent : c’est le point d’aboutissement d’une pratique incessante et la marche à partir de laquelle on peut devenir un musicien qui restera dans l’histoire, par l’intuition, l’expérience et l’expérimentation de formules inédites. Ashwinni Bhide fait partie de cette catégorie. Réputée versatile et excellant dans tous les genres, elle est ancrée dans la riche tradition d’une des écoles stylistiques régionales majeures, la Gharana de Jaipur-Atrauli, fondée par Ustad Alladiya Khan au début du siècle dernier. Ce chanteur (1855-1946) avait brisé sa voix à force de trop chanter des journées entières à la cour des rajahs. Pour surmonter ce handicap, il inventa un style où la force cédait la place à la nuance.