Le Kaveri - Haute gastronomie indienne à Paris Ouest et Haut-de-Seine

Le Kaveri - Haute gastronomie indienne à Paris Ouest

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iap_vig_3.jpgAniket, cadre moyen stressé et peu affable, vit avec sa femme Malati et leur fils unique Anirudh à Poona, une petite ville indienne qu’il quitte chaque jour  à l’aube pour un long voyage en train jusqu’à Bombay où il travaille. Un jour, sans aucune explication, il ordonne à sa femme de rassembler les affaires d’Anirudh pour partir en voyage. Ils prennent le train jusqu’à Shekhawati, une ville du Rajhastan, coincée au milieu du désert et comme habitée par la magie des superbes fresques traditionnelles qui ornent les murs des maisons et palais...

C’est là qu’habite la mère d'Aniket. Ce dernier doit se rendre à l’étranger et comme sa femme travaille aussi, il n’y a personne pour s’occuper  d’Anirudh jusqu’à son retour. La vieille femme accepte avec joie de s’occuper de ce petit-fils qu’elle connaît à peine.

Au cours de ce séjour inopiné, Anirudh découvre un monde dont il était totalement coupé. Cette ville étrange, où les chèvres paissent dans la cour des maisons peintes de mille et une fresques colorées, la proximité du désert, les fêtes traditionnelles, cette vie essentiellement rurale et si paisible…tout cela le fascine. Et puis il y a sa grand-mère, douce et bienveillante, qu’ Anirudh nomme affectueusement Dadi (mamie). Elle lui présente son ami le peintre qui décèle chez Anirudh des talents cachés d’artiste. Bientôt, le jeune garçon apprend que c’est son propre grand-père  qui a peint les fresques les plus remarquables de la ville.

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Anirudh est tellement fier quand sa grand-mère lui offre le matériel de peinture de son mari.

De retour de voyage, Aniket revient chercher son fils.  Il le trouve changé et s’emporte de voir son fils habillé en paysan. Il n’aime pas ce retour aux sources qui s’oppose a ses yeux au brillant avenir commercial auquel il voue son fils. Lorsqu’il découvre qu’Anirudh s’est mis a peindre comme son pauvre paysan de père, Aniket devient fou de rage. Il ne travaille pas 16H par jour pour ca ! L’inde dont il rêve pour son fils c’est celle de la modernité, du commerce, des affaires, pas celle des traditions de la campagne !

Notes du réalisateur
par Rajkumar Bhan

Je suis né dans le Nord de l’Inde, dans le Rajhastan où j’ai passé une grande partie de ma vie. J’ai étudié le cinéma à Poona, la ville où habite la famille d’Aniket. C’est une ville de taille moyenne, située à 130 kilomètres de Bombay. En cinq ans, j’ai eu l’occasion de voir des milliers de personnes qui faisaient quotidiennement le trajet entre Poona et Bombay pour se rendre à leur travail. 

Les contraintes économiques, une société en pleine mutation ont poussé à l’exode des pans entiers de la population rurale. Ces nouveaux arrivants sont contraints de s’ entasser à plus de 100 kilomètres des nouveaux centres économiques où ils ne peuvent résider du fait de leurs faibles revenus. Bombay est l’une de ses villes géantes qui se gonfle chaque jour de millions de travailleurs extérieurs. Parmi ces déracinés, il en est qui passent dans les transports entre six et sept heures par jour. Ils travaillent très dur, dans l’espoir d’accéder un jour à une meilleure condition matérielle et de s’installer, enfin, à Bombay, ville qui cristallise tous les espoirs de réussite. 

La vie que leur impose ces rythmes, la rupture avec leur milieu naturel affectent douloureusement ces familles, et les enfants sont  les premiers à souffrir des aspirations de cette classe émergente. 

Un fossé se creuse entre ces nouvelles couches sociales et le monde encore traditionnel d’où elles sont issues. Le rejet est souvent réciproque, les valeurs contradictoires qui s’affrontent donnent naissance au drame. 

Mon intention n’est pas de condamner la vie dans les villes en l’opposant au monde rural. Je m’inspire seulement d’un phénomène nouveau qui était inconnu en Inde, il y a seulement quelques années. 

Mon film, traite de la survivance des valeurs ancestrales à travers un enfant victime de la déchirure d’un pays en route vers la modernité, de leur transmission, mais aussi de leur perte. Il touche en cela à un thème universel que j’aborde pourtant dans le cadre spécifique de la culture du Rajhastan et de la pensée indienne. L’onirisme, les prémonitions, les références aux dieux y occupent une place importante car ils font partie intégrante de la vie quotidienne des gens de la région où se déroule l’action du film.

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Biographie sélective de Rajkumar Bhan

Courts métrages
Amukh (Le prologue) 21 mn, 35 mn, 1990. Ce film traite de la transgression de tabous et de la position de la femme dans la société indienne
Amukh a eu le prix du meilleur film de l’année, au 38ème Festival National du film à New Delhi en 1991.
Amukh a eu le prix d’honneur au Festival du court métrage à Bordeaux en 1994.
Amukh  a, par ailleurs, participé avec succès à divers Festivals à travers le monde.

Théâtre
"le cercle vicieux"  Sri Ram Centre of Art and Culture, New Delhi, Texte et mise en scène.
"La poupée", Sri Ram Centre of Art and Culture, New Delhi, Texte et mise en scène.
"Le Conflit de la vie", Sri Ram Centre of Art and Culture, New Delhi, Mise en scène.

Les lieux

Poona (État du Maharashtra)
Poona est l’une des plus importantes villes-satellites du Sud de Bombay. Depuis de nombreuses années cette ville subit des changements radicaux. Dans le scénario, elle représente ces villes dortoirs dans l’orbite des mégalopoles indiennes. 

Bombay (capitale de l'état du Maharashtra)
Bombay est la capitale économique et commerciale de l'état. C'est aussi “ l'Eldorado ” pour ceux qui recherchent un travail et l’espoir d’une vie meilleure. Bombay est la ville indienne qui attire le plus grand nombre d'émigrants chaque année. Les autorités municipales ne peuvent pas faire face à un tel afflux de population, les équipements et les logements font cruellement défaut. Des dizaines de milliers de personnes qui travaillent à Bombay n’ont pas les moyen d’y vivre. Les transports publics sont insuffisants, aux heures de pointes, les trains débordent de passagers au point que certains voyagent au péril de leur vie sur les toits des wagons. A l’instar de nombre d’autres grandes cités en voie de développement, Bombay fait peser un énorme stress sur ceux qui y vivent ou y travaillent. 

Fatephur Shekhawati (État du Rajhastan, dans le nord de l'Inde)
Située au cœur du désert du Thar, cette ville est souvent qualifiée de galerie d'art à ciel ouvert. Son architecture présente un mélange typique de styles indiens et persans. Une tradition de peinture murale s’y est épanouie depuis le XVII siècle. Les Chejaras, une caste de peintres bâtisseurs ont habillé les plus nobles édifices d’innombrables fresques d’une grande beauté. Peu à peu, leurs mécènes ont quitté la terre natale pour s’installer dans les métropoles. Les Chejaras, à l’exception de quelques-uns qui maintiennent la tradition, n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers d’autres professions. Dans le film, la ville représente un patrimoine culturel menacé par un monde moderne privé de mémoire. 

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Les noms

En Inde, et plus particulièrement  dans le nord du pays, chaque prénom a une signification. Le prénom d’un enfant est choisi dans les 6 jours qui suivent sa naissance. Le prêtre calcule la position des planètes au moment de la naissance de l'enfant. Ce calcul astrologique décide du prénom de l'enfant.
La tradition, très forte, veut aussi qu'on n'appelle jamais les personnes âgées par leur prénom mais toujours en fonction de leur situation familiale ou sociale.

Anirudh : Ce mot, en Hindi, veut dire : celui que rien ne peut arrêter et qui va toujours de l’avant.

Aniket : Le sens de ce nom évoque une personne dont la place n'est pas encore fixée dans le monde et qui se trouve détaché de ses racines.

Malati : Ce nom évoque d'abord le clair de lune, de façon très douce. La signification du nom de la femme d'Aniket se veut très symbolique. 

Mamie (Dadi) : Ce nom  de "grand-mère" étant très important et porteur de sens dans la société indienne, on ne nomme pas la grand-mère par son prénom.

Données Techniques

Titre original "Darpan Ke Peechhe"
Titre anglais "Behind the Mirror"
Titre français "Le petit peintre du Rajasthan"
Durée : 88 Minutes      
Scénario et réalisation : Rajkumar Bhan
Photographie : JogendraPanda
Son : ManasChoudhury
Décors : Alok Haldar
Montage : Aseem Sinha
Musique : Sanjeev Kholi
Costumes : Maghna Prem
Caractéristique techniques : Couleurs, Format de prises de vue  35 mm
Format de projection : 1,85
Son : Dolby SRD
Année de production : 2005
Produit par 1001 productions/Marc IRMER
Co-production : RMI / Rajkumar Bhan